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Je recherchais dans les figures du passé de quoi conforter mon image ou ma place – et rien n’apparaissait (ô aletheia) comme modèle, mais plutôt des dizaines d’interlocuteurs. Tu me fais exister, opposé au “je pense donc je suis”. La position individualiste contre le collectif. Pourquoi l’opposition et pas la complémentarité ? Les réponses dans les moines, les tasses, les livres. Un grattement persistant dès qu’il s’agit de religion, pourtant il s’agit d’un essai sur 1) la conscience – 2) l’individuel – 3) le collectif qui n’engendre pas, à première vue les conflits. Or la religion s’institutionnalise, se fige, forge des normes et surtout kidnappe la prise de conscience, la spiritualité comme étant ses propriétés privées, de son seul ressort. Ne vous laissez pas dicter votre prise de conscience. Soyez spirituel à votre manière. Le seul impératif qui donne le choix : prenez conscience.

La réussite des frites dans le monde. Les images animées. Le bruit des machines – abaissant la fréquence audible à cause des fréquences graves des machines.

Rester gentil tout le temps ? Le sourire de Gandhi – mais aussi la fluidité dans la vie. Alors le conflit : ne pas le refuser, rentrer dans le coeur même – quelle est cette personne et pourquoi m’en veut-elle ?

Le calme du service, mais un peu jeunes, comparé aux maîtres d’hôtel de la brasserie. Les cheveux teints du proprio chef. La paix de la nuit  pas si tard mais dans un square propre et encadré de bancs – quelques plantes nouvelles, au sol des pavés de troncs, des feuilles de cerisier qui commencent à tomber – le figuier – le laurier, tous reposent dans cette clarté électrique et là juste à côté du quai encore bruyant – pourtant le pont illuminé par en-dessous, les lampadaires typiques, les vieilles demeures. Qui profite de ce lieu, espace mort ? entre les dalles de granit très longues pousse une herbe drue et verte – comme au retour de l’automne quand la pluie fait repousser les plantes – maintenant juste le bruit des voitures. L’auréole des bateaux-mouches – une lumière rouge clignotant dans l’habitacle d’une voiture – un passant qui écrase les feuilles mortes – les lourdes chaînes autour des bornes pour délimiter les frontières du jardin – une voiture tuned en bleu électrique – à l’intérieur tant de poteaux, de signalisation, de grilles, de poubelles, de barrières, de bornes, d’escaliers, de rampes, de murets, d’arbres. Personne ne passe au milieu du jardin – mais au moins ici pas d’image inutiles – juste la ville, l’habitation, les structures, les voitures repoussées à l’extérieur du périmètre. Palissades autour de la Forney. Aller faire pisser son chien dans la pelouse de l’immeuble voisin. A 23 heures.

La descente en blades depuis le pont marie – les hautes fenêtres à petits carreaux vides et sombres de l’école – les chiens assis allumés des mansardes. Sifflotements pour appeler le chien. Principalement des objets faits par les hommes – un oiseau se réveille – pour aller se perdre dans les toits et les tourelles de la Forney. Comme moi quand je passe mes nuits blanches dans la toile et les mangas.

SagesseL’harmonie serait la chose la plus difficile à réaliser dans sa vie – tout en restant dans le mouvement. Comment croire à ce regroupement invraisemblable d’être au milieu ? Donc, au fait, comment arriver jusque là ? De pierre en pierre, mais si peu de points de contacts. La porte de planche dans le mur qui donne sur la cour intérieure, parfaitement ancienne, gros clous, anneau de fer doux, cette rusticité nouvelle rattrapée par les éclaboussures et le verdoiement du bas, là où les pluies ont passées – le temps qui a vieilli justement. Des gens errent dans le château – mais cette fois-ci moins de découvertes, peut-être – une femme parle trop fort dans son téléphone portable. Je me suis attendrie par les tables de plastique blanc bon marché côtoyant l’ancienne table et le banc vraiment ancien en fer forgé repeint mille fois – des hommes chauves à lunettes – des femmes basses et trapues – cheveux courts et châles, des pantalons droits – cette vie feutrée, sociale, propre, que je refuse – les petits craquements – la gentillesse – les ordres données aux enfants. Pourquoi n’a-t-il pas essayé de faire une académie à la platon ? pour ses jeunes élèves ?

Une journée off, puis téléphoner – les amis proximité de coeur. Brams, Wagner, Schubert.

L’intérêt nerveux très centré sur la cigarette, le verre de bière. Le regard n’est pas passé inaperçu. Toujours surprise et en même temps tellement sûre de l’effet sur les gens. Continuer à regarder les auras – enfin ce que j’ai décidé d’appeler comme ça. Ligne de vie. Pour quelques uns très vite et facile, pour d’autre, je dois rétrécir les yeux, arrêter de respirer et mes battements de coeurs. Continuer à travailler ce regard.

Un jeune homme massif, cheveux bruns coupés court, un ensemble saharienne de coupe classique gris très clair et un casque sur les oreilles. Les hommes good looking habitués à être regardés. Le rapport très oral avec sa cigarette. Fermer les yeux, tenir les doigts très droits, très proches de ses lèvres et de son visage, sourcils froncés. Arrêt pour une bière pendant l’achat du pain ? Rentrer chez soi après ? Hystérique : le corps qui parle malgré soi. les extrémités, mais le ventre, le giron très protégé. Ce beat va très bien avec mon état d’esprit.

Ces femmes encore jeunes mais avec des yeux très marqués. Amène un enfant en poussette et un enfançon (grands yeux de mangas) au bar à 20h15 ? Je n’aime pas la version armoire à glace. – ici des commentaires strictement personnels, quel rapport ?

Le barman ne regarde pas les serveurs. En tant qu’homme, même serveur et au poste, se sentir une obligation de dévisager et de déshabiller les filles qui passent. Ce qui les intéresse vraiment. L’attitude obséquieuse, fausse et sans un regard, acéré et inquisiteur, un début de sincérité et d’intérêt pour la personne et pas seulement le client.

Cet effort visible à ne pas tenir compte des regards sur soi pendant la traversée du restaurant. Garder la casquette sur la tête à l’intérieur ? visage très athlète américain. Un air sérieux à manger à deux. Les roses épaisses des cadres dorés ou des stucs de moulure. Finalement je m’énerve.

Une asiatique prend une photo de la place Saint-Michel à travers une boule de cristal posée au centre de la table de bistro. Elle ne sait pas utiliser le téléphone portable et le passe à son amie de la table voisine pour la mise au point. Une autre touriste porte une ombrelle et des lunettes et se protège du soleil - 18h15 le 30 août. Son compagnon demande une direction à un gardien de la paix. Ses mouvements du poignet sont légers, avec les doigts écartés.

Je vois tellement de chakra filiforme, ou petite boule ou magma pas bien rangé que j’en viens à douter de ma vision. Puis enfin un triangle plus épais, jeune homme à barbe, en fumant qui salue et cherche quelqu’un avec son téléphone. Plus tard, il repassera devant moi : c’est dans l’ordre des choses : je dois voir.

Le coeur battant autour de certaines pensées : accomplissement, possibilité de salut, proximité de l’éveil, possibilité de laisser tomber le moi. Nouvelles aventures, nouvelles ouvertures, excitation de la découverte. Petit rire en coin : j’espère qu’il ne me faudra pas 47 nouvelles années pour y arriver.

Chaque ville est un lieu adéquat pour un certain type de personnes. Paris, Londres : business. Le pas, la vitesse de déplacement possible. Ici, plutôt en couple que seul, est-ce seulement le temps des vacances. Le bar ouvert sur trois côtés. Les lumières au sol que je trouve tellement inutiles : elles éclairent le ciel, vous éblouissent. Les couples plus aisés, l’homme en pantalon de laine de costume, mais en chemise. Le surfer : chemise, polo, short large, pas de chaussures, la planche sous le bras : insister sur le stéréotype ou quoi ?

Où est le flux vital ? Quand je marche dans la rue, c’est plutôt diffus. Je sens des liaisons. Mais sinon très souvent plutôt la maya, l’illusion – un voile si fin qui se déchire – perturbé par ma propre énergie – je n’écoute pas assez souvent.

Sur la plage surtout les cris des enfants – imperturbables vagues – qui va gagner ? jeunes filles, grand-parents, enfin pas si vieux que ça. Je ne me reconnais pas, cette ville n’est pas pour moi. La plage montre ce qui se passe dans la société : famille, connaissances, marchand, preneurs de risque se jetant à l’eau.

J’ai aussi été cette île, à ne pas regarder autour de moi.

Enfin un moment plus intime avec la ville. La nuit, les quartiers haut, la partie de pelote basque, l’animation bon enfant, le balcon du casino, ce grand fauteuil parfait donnant sur la mer, ces adolescents en short et pieds nus, mais peut-être un gilet de soie. Les grandes vagues largement exposées, totalement silencieuses – le fer forgé éclairé par en-dessous – l’écume toute blanche et quasi fluorescente – au loin des lumières dans la mer et l’horizon encore en fin de crépuscule – le phare - les 10 commandements du conducteur par le pape – comme les strucutres morales que je recherche – ma difficulté à trouver des universaux – le jeune homme de sécurité clés cliquetant – que surveille-t-il ? de la revente de dope ? ou les mineurs ? Dans la salle de jeux les contrôleurs marchent en lançant les jambes très loin devant eux, se tenant droit derrière leur cravate, quelque petite chose différente des maîtres d’hôtel. Les joueurs de bridge, sérieux, décontractés, riches mais pas trop, pas trop classe, ni trop aristocrates, des hommes fumant un gros cigare en tee-shirt.

Kornati juin 2007Croatie 2007

De la musique dans le wagon de RER, un violoniste tsigane avec une baffle-basse. Une petite fille ouvre les bras, apporte une pièce, elle part en dansant. Le soleil dessine des ombres précises. Les acacias sont en fleurs. Un adolescent lit un roman de SF, hélàs un clone…

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