Un modèle pour les retrouver, peut-être ?

Ecouter leur discours public, large, leur poser des questions en public aussi, s’enthousiasmer éventuellement pour leur vision, leur intelligence, leurs idées, leur rhétorique, leur parcours – puis les aborder en privé à la fin et ressentir ce goût bizarre de la différence de personnalité – jusqu’à la politesse japonaise “merci pour votre soutien”. Et puis ceux au contraire qui restent passionnés, attentifs, souples. cf Philippe Lemoine.

cimg3807.jpgQu’est-ce que l’art ? Assez simplement. L’image – la représentation.

Les 3 niveaux de déploiement de soi : survivre – comprendre – donner un sens. Une plus grande concentration de l’esprit et de la conscience. En spatialisation, penser à des taches de couleurs d’intensité plus ou moins forte, plutôt que des paliers ou des niveaux, mais la concentration vers plus d’esprit demeure un privilège de l’expérience – mon côté “protégeons les vieux”.

S’habiller pour paraître – s’habiller pour être vêtu – être chic ou casual le samedi.

Pour compter les 3%, regarder ceux qui regardent les êtres, pas ce qu’ils font. Sinon beaucoup dévisager. Comment est-il habillé ? qu’est-ce que c’est que ce look ? comment prend-il cet espace (au détriment du mien) sur le public – ou dans l’attente qu’il arrive quelque chose. C’est un regard différent de la marche dans la campagne ou la brousse. Ici : regarder et être regardé – pas voir => ce qui correspond à l’écran et au cinéma. Pas tellement de famille, d’enfants, en fait ce sont les vacances.

Rapport juste entre une population de plus en plus urbaine et les comportements sociaux. Peu de gens honnêtes et simples, sont-ils tous perdus ? Quelques regards effrayés, appeurés – absents à eux-mêmes. Ah ! un jeune homme serein.

Je recherchais dans les figures du passé de quoi conforter mon image ou ma place – et rien n’apparaissait (ô aletheia) comme modèle, mais plutôt des dizaines d’interlocuteurs. Tu me fais exister, opposé au “je pense donc je suis”. La position individualiste contre le collectif. Pourquoi l’opposition et pas la complémentarité ? Les réponses dans les moines, les tasses, les livres. Un grattement persistant dès qu’il s’agit de religion, pourtant il s’agit d’un essai sur 1) la conscience – 2) l’individuel – 3) le collectif qui n’engendre pas, à première vue les conflits. Or la religion s’institutionnalise, se fige, forge des normes et surtout kidnappe la prise de conscience, la spiritualité comme étant ses propriétés privées, de son seul ressort. Ne vous laissez pas dicter votre prise de conscience. Soyez spirituel à votre manière. Le seul impératif qui donne le choix : prenez conscience.

La réussite des frites dans le monde. Les images animées. Le bruit des machines – abaissant la fréquence audible à cause des fréquences graves des machines.

Rester gentil tout le temps ? Le sourire de Gandhi – mais aussi la fluidité dans la vie. Alors le conflit : ne pas le refuser, rentrer dans le coeur même – quelle est cette personne et pourquoi m’en veut-elle ?

Le calme du service, mais un peu jeunes, comparé aux maîtres d’hôtel de la brasserie. Les cheveux teints du proprio chef. La paix de la nuit  pas si tard mais dans un square propre et encadré de bancs – quelques plantes nouvelles, au sol des pavés de troncs, des feuilles de cerisier qui commencent à tomber – le figuier – le laurier, tous reposent dans cette clarté électrique et là juste à côté du quai encore bruyant – pourtant le pont illuminé par en-dessous, les lampadaires typiques, les vieilles demeures. Qui profite de ce lieu, espace mort ? entre les dalles de granit très longues pousse une herbe drue et verte – comme au retour de l’automne quand la pluie fait repousser les plantes – maintenant juste le bruit des voitures. L’auréole des bateaux-mouches – une lumière rouge clignotant dans l’habitacle d’une voiture – un passant qui écrase les feuilles mortes – les lourdes chaînes autour des bornes pour délimiter les frontières du jardin – une voiture tuned en bleu électrique – à l’intérieur tant de poteaux, de signalisation, de grilles, de poubelles, de barrières, de bornes, d’escaliers, de rampes, de murets, d’arbres. Personne ne passe au milieu du jardin – mais au moins ici pas d’image inutiles – juste la ville, l’habitation, les structures, les voitures repoussées à l’extérieur du périmètre. Palissades autour de la Forney. Aller faire pisser son chien dans la pelouse de l’immeuble voisin. A 23 heures.

La descente en blades depuis le pont marie – les hautes fenêtres à petits carreaux vides et sombres de l’école – les chiens assis allumés des mansardes. Sifflotements pour appeler le chien. Principalement des objets faits par les hommes – un oiseau se réveille – pour aller se perdre dans les toits et les tourelles de la Forney. Comme moi quand je passe mes nuits blanches dans la toile et les mangas.

Rituels – armes – animaux – beauté dans les usages et dans le luxe.

Je pensais qu’une telle profusion d’oeuvres sublimes, sacrées inspirerait une admiration, un effroi, un respect – preuve que non – dans les jeunes générations l’art ne leur dit plus rien – aucun sens – le sens des machines, de la consommation a été porté à son plus haut développement – que pourrait signifier cet artisanat, ces objets vieux, ces usuels ?

Je cherchais ceux qui seraient touchés – alors qu’ils traversaient les salles – sans que cela soit une accumulation vaine de savoir, d’images supplémentaires faisant partie du grand catalogue mondial.

Une jeune femme de 30 ans, pas trop apprêtée dans un roadster blanc et ancien.

Le tremblement de terre dans tous les sols parisiens dû au métro.

Au son des mots, il m’est impossible de ne pas chercher le sens – l’histoire. Je suis pratiquement née avec Sade, alors les mots crus… Comme pour la couleur qui est la seule longueur d’onde rejetée, les mots des poèmes sont ceux qui sont vomis. L’écume de ce qui est bulle, au-dessous de la forme. Ce n’est pas l’eau, ni la force, ni la rivière, ni l’utilisation de la rivière par le monde.

Similitude avec la position des corps dans le métro, ou dans une boîte de nuit. Les inconnus qui ne se dévisagent pas. L’universalité opposée au multi-culturalisme – le relativisme du “tout se vaut”. Le seuil, plutôt l’arche de la porte.

Manque : le manque à vivre les mots, la parole ce n’est pas simplement dire à haute voix l’écrit. Il manque l’espace.

SagesseL’harmonie serait la chose la plus difficile à réaliser dans sa vie – tout en restant dans le mouvement. Comment croire à ce regroupement invraisemblable d’être au milieu ? Donc, au fait, comment arriver jusque là ? De pierre en pierre, mais si peu de points de contacts. La porte de planche dans le mur qui donne sur la cour intérieure, parfaitement ancienne, gros clous, anneau de fer doux, cette rusticité nouvelle rattrapée par les éclaboussures et le verdoiement du bas, là où les pluies ont passées – le temps qui a vieilli justement. Des gens errent dans le château – mais cette fois-ci moins de découvertes, peut-être – une femme parle trop fort dans son téléphone portable. Je me suis attendrie par les tables de plastique blanc bon marché côtoyant l’ancienne table et le banc vraiment ancien en fer forgé repeint mille fois – des hommes chauves à lunettes – des femmes basses et trapues – cheveux courts et châles, des pantalons droits – cette vie feutrée, sociale, propre, que je refuse – les petits craquements – la gentillesse – les ordres données aux enfants. Pourquoi n’a-t-il pas essayé de faire une académie à la platon ? pour ses jeunes élèves ?

That was under my skin

Cold sun in white sky

Adding noise to silence

Crying in joy

Waiting no more

Children behave around you

You call yourself by names

Which one is you?

Gaze, glance, blink

No eye can match that moving light

Taking steps by small

The grace is never the same

Will you go on?

Silm and slender – look at you

How do you call that tender night? Dying?

Deciding to walk on forbidden grass

Wind remids and is anew again

Registered sound – live

Love to all these people

Une journée off, puis téléphoner – les amis proximité de coeur. Brams, Wagner, Schubert.

L’intérêt nerveux très centré sur la cigarette, le verre de bière. Le regard n’est pas passé inaperçu. Toujours surprise et en même temps tellement sûre de l’effet sur les gens. Continuer à regarder les auras – enfin ce que j’ai décidé d’appeler comme ça. Ligne de vie. Pour quelques uns très vite et facile, pour d’autre, je dois rétrécir les yeux, arrêter de respirer et mes battements de coeurs. Continuer à travailler ce regard.

Un jeune homme massif, cheveux bruns coupés court, un ensemble saharienne de coupe classique gris très clair et un casque sur les oreilles. Les hommes good looking habitués à être regardés. Le rapport très oral avec sa cigarette. Fermer les yeux, tenir les doigts très droits, très proches de ses lèvres et de son visage, sourcils froncés. Arrêt pour une bière pendant l’achat du pain ? Rentrer chez soi après ? Hystérique : le corps qui parle malgré soi. les extrémités, mais le ventre, le giron très protégé. Ce beat va très bien avec mon état d’esprit.

Ces femmes encore jeunes mais avec des yeux très marqués. Amène un enfant en poussette et un enfançon (grands yeux de mangas) au bar à 20h15 ? Je n’aime pas la version armoire à glace. – ici des commentaires strictement personnels, quel rapport ?

Le barman ne regarde pas les serveurs. En tant qu’homme, même serveur et au poste, se sentir une obligation de dévisager et de déshabiller les filles qui passent. Ce qui les intéresse vraiment. L’attitude obséquieuse, fausse et sans un regard, acéré et inquisiteur, un début de sincérité et d’intérêt pour la personne et pas seulement le client.

Cet effort visible à ne pas tenir compte des regards sur soi pendant la traversée du restaurant. Garder la casquette sur la tête à l’intérieur ? visage très athlète américain. Un air sérieux à manger à deux. Les roses épaisses des cadres dorés ou des stucs de moulure. Finalement je m’énerve.

Une asiatique prend une photo de la place Saint-Michel à travers une boule de cristal posée au centre de la table de bistro. Elle ne sait pas utiliser le téléphone portable et le passe à son amie de la table voisine pour la mise au point. Une autre touriste porte une ombrelle et des lunettes et se protège du soleil - 18h15 le 30 août. Son compagnon demande une direction à un gardien de la paix. Ses mouvements du poignet sont légers, avec les doigts écartés.

Je vois tellement de chakra filiforme, ou petite boule ou magma pas bien rangé que j’en viens à douter de ma vision. Puis enfin un triangle plus épais, jeune homme à barbe, en fumant qui salue et cherche quelqu’un avec son téléphone. Plus tard, il repassera devant moi : c’est dans l’ordre des choses : je dois voir.

Le coeur battant autour de certaines pensées : accomplissement, possibilité de salut, proximité de l’éveil, possibilité de laisser tomber le moi. Nouvelles aventures, nouvelles ouvertures, excitation de la découverte. Petit rire en coin : j’espère qu’il ne me faudra pas 47 nouvelles années pour y arriver.